Le Hameau des Buis

marker Pays

France


marker Site internet

marker Nombre d'habitants

50

marker Date de Création

2004

Le Hameau des Buis est un écovillage situé dans le sud de l'Ardèche sur un plateau surplombant les gorges du Chassezac et à proximité du mystérieux bois de Païolive, ce qui en fait un véritable paradis naturel.
Le Hameau s'étend sur un domaine de 6 hectares comprenant :
  • une zone résidentielle d'une vingtaine de logements, allant du studio au T4, construits de manière bioclimatique et à base de matériaux locaux et écologiques
  • un mas, ferme traditionnelle de la région, entièrement rénové
  • une école démocratique pouvant accueillir jusqu'à 80 enfants, de la maternelle jusqu'au collège, implantée dans le mas et dans différentes yourtes contemporaines construites autour du mas
  • des zones d'activité agricole (maraîchage, chèvrerie et fromagerie) et artisanale (fournil)

Histoire

Pour comprendre le fonctionnement actuel de ce collectif, un retour rapide sur l'historique du Hameau est nécessaire.
L'année 2001 voit les prémices de la création du Hameau des Buis, avec l'organisation de premières rencontres entre les personnes intéressées par le projet de Sophie Rabhi : ce projet, qui consiste à mettre en place un lieu associant des résidences pour personnes retraitées, une école alternative et une ferme de production, doit permettre les échanges intergénérationnels entre enfants et personnes âgées. En contrepartie de l'occupation de leurs logements, les personnes retraitées sont sollicitées financièrement pour participer au fonctionnement de l'école, cette école privée ne touchant pas d'aide de l’État pour contribuer à leur budget.
L'achat du terrain, via une société civile, est fait en 2004 et les chantiers participatifs commencent dès 2006 avec la mise en place d'un verger, la rénovation du mas et, dès le permis de construire en main, la construction des logements qui ne sont alors plus réservés aux retraités mais ouverts à tous : en 2011, les premiers habitants du hameau s'installent dans les bâtiments construits collectivement.
Dès 2012, des différends au sein du collectif apparaissent et se renforcent : en 2018, le conflit éclate dans la communauté. L'école en subit les conséquences les plus visibles et doit fermer pendant plusieurs semaines : une grande partie de l'équipe pédagogique quitte le projet et de nombreuses familles retirent leurs enfants de l'école. Plusieurs facilitations sont alors organisées pour essayer de résoudre les causes du conflit mais sans succès : plusieurs actions juridiques sont maintenant engagées et l'école a récemment été sommée de quitter les lieux.

Lors de mon séjour, j'ai rencontré des personnes bienveillantes et très accueillantes : je souhaite à ce projet de trouver l'issue la plus bénéfique pour tous ses acteurs et j'espère que les prochaines années de ce collectif seront pleines de beaux projets !

Entrée Hameau Buis
L'entrée du Hameau des Buis

La protection des cycles de l'eau

Comme de nombreux écovillages, le Hameau des Buis ne possède que des toilettes sèches, réduisant de manière non négligeable la consommation en eau des habitants.
L'eau grise issue des douches, de la cuisine et des autres besoins ménagers (lessives, vaisselle,...) est dirigée vers une succession de 4 bassins de phytoépuration : deux premiers bassins ne contenant que des roseaux aquatiques réceptionnent l'eau arrivant des logements et font un premier traitement. Deux autres bassins contenant de nombreuses espèces de plantes aquatiques (bambous, lotus, châtaignes d'eau, citronnelle, cypéracées, laîches...) finissent le traitement de l'eau, qui est régulièrement contrôlée.
L'eau de pluie qui tombe sur les toits est également récupérée via des collecteurs prévus à cet effet : l'eau traitée issue de la phytoépuration et l'eau de pluie collectée est stockée dans des cuves afin de pouvoir être utilisée par les habitants pour l'arrosage des plantes. Cette eau peut également être pompée vers un bassin collecteur situé à proximité de la ferme maraîchère pour être utilisée pour l'arrosage du potager.

Les précipitations en Ardèche sont rares mais violentes (les fameux épisodes cévenols) : les quantités d'eau qui tombent sont donc ponctuelles mais très importantes, ce qui nécessite d'avoir une grande capacité de stockage de l'eau de pluie. Les cuves installées ne sont actuellement pas suffisantes pour stocker la totalité de l'eau qui tombe sur de très courtes périodes, une partie de l'eau de pluie est donc perdue : une réflexion concernant l'achat de cuves plus grandes est en cours mais nécessite un investissement important.

Phytoépuration
La phytoépuration permet le traitement des eaux grises du Hameau avant la réutilisation dans les potagers

L'utilisation d'énergie issue de sources renouvelables

Les logements ne sont pas équipés de panneaux solaires photovoltaïques, l'investissement à prévoir pour leur installation lors de la construction des bâtiments étant trop important.
En revanche, les bâtiments sont équipés de panneaux solaires thermiques fournissant l'eau chaude sanitaire aux différents logements. Les machines à laver le linge, partagées dans des laveries collectives sont équipées d'une double entrée d'eau, eau chaude et eau froide, ce qui permet d'utiliser l'eau chauffée par les panneaux pour le lavage du linge.

La production de nourriture à partir de l'agriculture biologique

Le hameau abrite deux activités de production agricole sur site :
  • le maraîchage : une parcelle d’un demi-hectare, autrefois cultivée en viticulture, a été transformée en verger planté d'une cinquantaine d'arbres fruitiers, au milieu desquels poussent les légumes. Elle permet la production de légumes biologiques et respectueux de l'environnement en s'appuyant sur la technique de culture sur sol vivant. Une serre permet la réalisation des semis (le semis sur couche chaude est notamment mis en œuvre, cette technique consistant à offrir un environnement optimum pour réaliser ses semis précoces grâce à la chaleur issue de la fermentation de fumier frais) et la production de légumes nécessitant le plus de chaleur (tomates, poivrons, aubergines...). Comme indiqué plus haut, un bassin de stockage d'eau de 450 m3 a été installé à proximité de la ferme maraichère : les eaux de pluie et les eaux grises après phytoépuration y sont récupérées et stockées, puis utilisées dans le jardin avec arrosage au gouttes-à-gouttes.
  • une chèvrerie contenant 17 chèvres actuellement en lactation permet une production quotidienne d'environ 30 litres de lait. Le lait est ensuite transformé dans une fromagerie aménagée dans le hameau : cela permet de réaliser des picodons, fromages frais typiques de la région, des fromages blancs et des fromages de chèvre frais aux herbes ou aux épices. Le fumier des chèvres est utilisé pour amender les sols au potager.

Deux personnes assurent actuellement ces deux activités et permettent ainsi au hameau de se fournir localement en légumes et produits laitiers.

Serre
Serre
Sol vivant
Culture sur sol vivant
Bassin
Bassin de stockage
Chèvrerie
Chèvrerie du hameau
Salle traite
Salle de traite



La construction de bâtiments durables

Lors de la conception du hameau, les habitants avaient pour objectifs :
– de ne couper aucun des arbres présents sur le terrain
– d'avoir un habitat relativement dense, afin de favoriser les relations entre les habitants
– d’avoir des maisons bioclimatiques (c'est à dire tirant le meilleur parti des conditions locales et de l'environnement) : dans cette région de l’Ardèche, l’été est très aride mais l’hiver très rigoureux. Il était donc important d'avoir des maisons gardant la chaleur en hiver mais restant également fraîches en été.

Les bâtiments sont réalisés à partir de matériaux biosourcés et nécessitant peu d'énergie grise : bois local, terre et paille notamment.
Ce choix de matériaux était ambitieux pour l'époque, les constructions en paille n’étant pas encore homologuées en France : des contraintes importantes ont dû être levées et le chantier a mis du temps pour aboutir, près de 4 ans pour voir les premiers habitants arriver.

Tous les logements sont installés dans 3 bâtiments différents, tous orientés plein sud. La présence des arbres joue un rôle important en été, leur ombre permettant de garder les maisons fraiches. En hiver, les arbres étant à feuilles caduques, les arbres n'empêchent plus le passage des rayons du soleil jusqu'aux maisons, ce qui permet de les réchauffer. De plus, l'inclinaison des toits est de 15°, ce qui correspond à l'inclinaison du soleil au solstice d'hiver : les rayons du soleil peuvent donc rentrer dans les habitations via les baies vitrées disposées au sud et pénètrent jusqu'au fond des maisons, réduisant l'obscurité dans les maisons en plein hiver.

Un système de murs capteurs de chaleur a été mis au point : ces murs sont constitués de pierres devant lesquelles a été installé un double-vitrage. Pendant les journées d'hiver, les rayons du soleil atteignent ces murs capteurs et, en traversant les parois de verre, sont transformés en rayons infrarouges dont l'énergie est stockée par les pierres. Le système de double-vitrage permet de créer un effet de serre qui emprisonne la chaleur : les murs stockent ainsi l'énergie du soleil durant la journée pour la restituer lentement aux bâtiments au cours de la nuit, réduisant les besoins de chauffage.

Les bâtiments ont des toits végétalisés : ils sont recouverts de 16 cms de substrat (mélange de terre et de pouzzolane) dans lequel ont été plantés des sédums, plantes succulentes que l'on retrouve abondamment dans la région.

Maison
Maison avec murs capteurs
Habitat dense
Bâtiments d'habitations
Toitures végétalisées
Toitures végétalisées



L'aide au développement personnel de chacun

La Ferme des Enfants

L'école de la Ferme des Enfants tente de développer une pédagogie alternative pour mieux répondre aux besoins des enfants et des adolescents et a ainsi rejoint le courant des écoles démocratiques.
Elle se pose en alternative de l'apprentissage normalement pratiqué dans les écoles, où les enfants doivent suivre un programme imposé, sont soumis à des objectifs et où leurs performances sont évaluées et comparées avec celles des autres élèves.

Afin de mieux respecter leur développement naturel, l'enfant et l'adolescent sont mis dans un environnement riche en découvertes, afin que leurs curiosités soient activées et qu'ils apprennent d'eux-mêmes ce qui leur est réellement nécessaire dans leurs vies quotidiennes.
L'environnement de l'école est propice à la découverte de nouvelles connaissances : l'écovillage, la ferme et ses animaux, les activités de production (fromagerie, boulangerie, potager...), la nature environnante sont autant de lieux où les enfants peuvent évoluer. De nombreux ateliers sont également proposés tout au long de l'année : pour cela, l’école compte une médiathèque, plusieurs yourtes avec différentes fonctions, une cuisine, une salle de cours, un atelier bois,...

Les élèves, qui sont qualifiés de citoyens dans l'école, sont considérés comme des personnes à part entière : il n'y a pas de discriminations liées à l'âge, que l'on appelle âgisme.
Les enfants et le personnel enseignant et encadrant forment une communauté à part entière : chacun peut y prendre des rôles et des responsabilités (mettre en place un atelier ou faire une proposition de changement par exemple), et tous les membres doivent se soumettre à ses règles. Par exemple, la bienveillance entre les membres doit être respectée par tous : des techniques de communications non violentes sont mises en place dans l'école. En cas de conflits entre plusieurs membres, une médiation peut par exemple être mise en place et chacun des membres prenant part au conflit a l'obligation de participer à la médiation.
Ces techniques permettent aux enfants d'apprendre la vie collective, de se sentir co-responsable de son fonctionnement et de mettre en pratique des outils propres à la vie en communauté.

L'équipe encadrante se compose d'éducateurs et de volontaires, qui sont présents à l'année auprès des enfants pour les accompagner et leur assurer les ateliers tout au long de la journée.

L'école ne recevant pas d'aides de l’État pour participer à son fonctionnement, ses besoins financiers sont couverts par les frais de scolarités payés par les familles des enfants scolarisés, des recettes réalisés lors événements particuliers (journées Portes Ouvertes par exemple) et des dons.



La reconnexion avec la nature

Le Hameau des Buis est situé à la limite du parc naturel des Monts d'Ardèche, le village est situé en bordure des falaises et surplombe la vallée du Chassezac : cet environnement appelle spontanément à une reconnexion profonde avec la nature, où chacun se sent comme faisant partie d'un ensemble naturel cohérent.
La présence sur place des activités de maraîchage et des chèvres permet également d'ancrer les activités humaines dans la saisonnalité : l'arrivée des légumes d'été ou la naissance des chevreaux sont des événements importants au hameau.

Chèvres Chassezac
Le hameau est situé au coeur d'un véritable paradis naturel


La juste répartition de la propriété des terres et des ressources

La juste répartition de la propriété des terres et des bâtiments est un sujet essentiel pour tout écovillage.
Le montage juridico-financier choisi pour porter le projet immobilier a été la Société Civile. Dans un premier temps, la Société Civile Le Hameau des Buis a permis l'achat du terrain et du mas à rénover. Dans sa forme initiale, la société civile est constituée de telle manière que tous les futurs résidents et l'association la Ferme des Enfants, association loi 1901 portant le projet d'école alternative, soient actionnaires de la société civile.
En 2006, pour des raisons financières, le choix est porté sur la construction des logements via des chantiers participatifs : il n'est juridiquement pas possible d'avoir des bénévoles sur un projet dont la majorité des actionnaires ont des intérêts privés, les futurs résidents du hameau doivent se retirer de l'actionnariat de la société civile : ils échangent leurs parts sociales dans la société civile par des créances de sommes équivalentes. Ils ne sont alors plus liés à la société civile que par deux contrats :
  • un contrat de prêt, pour le prêt fait au bénéfice de la société civile pour la réalisation des bâtiments. Pour devenir habitant du hameau, chaque résident doit donc prêter une somme d'argent à la société civile pendant tout le temps où il vit sur place. Cette somme est comprise entre 80 800 € et 164 100 € en fonction de la taille du logement, et est ré-évaluée chaque année en prenant en compte l'indice de référence des loyers, indice légal fixé par l’État pour réviser les loyers des logements habités, ce qui évite la spéculation immobilière. Quand un habitant souhaite quitter le projet, la société civile a 1 an pour trouver de nouveaux financements (via de nouveaux arrivants), pour rembourser l'emprunt de la personne quittant le collectif. A noter également qu'un droit d'entrée de 5 000 €, non remboursable, est également demandé à chaque nouvel entrant.
  • un contrat de bail, pour l'occupation des logements (ce bail permettant de payer les charges courantes des logements et de participer aux frais de l'école). Cette somme est comprise entre 323 € pour un T1 et 654 € pour un T4.



Le soutien des économies locales

Tous les mardis et les vendredis, un marché des producteurs est organisé dans le Hameau : les habitants et les riverains peuvent venir y chercher les produits dont ils ont besoin (pain, légumes, fromages, etc).



La création de systèmes bancaires et d'échanges alternatifs

Les différents commerces et producteurs du hameau acceptent la monnaie locale complémentaire et citoyenne qui circule en Ardèche, la Luciole.



La mise en place de systèmes de production, de consommation et d'échanges responsables

La communauté a mis en place ce qu'ils appellent l'Epigloo, nom issu de la contraction des mots épicerie et paligloo, un type de construction bon marché réalisée à partir de palettes, de terre et de paille (pour plus d'informations sur le paligloo, cliquez ici ).
Dans l'Epigloo, les habitants du hameau, en échange d'une cotisation annuelle, peuvent trouver tous les produits de première nécessité dont ils ont besoin (légumes secs, huile, farine, confitures, miel, produits ménagers, boissons, etc). Les produits sont, au maximum, issus de filières de production locales.

Chaque après-midi, le Buistro du Hameau ouvre ses portes : chacun peut s'installer sur les tables disposées devant la caravane aménagée pour le service. Des pâtisseries et diverses boissons y sont servies.

Un fournil a également été mis en place, où plusieurs boulangers se relaient pour la production de pain au levain, ensuite distribué aux habitants lors du marché ou sur d'autres points de vente autour du hameau.

Epicerie Epigloo
L'Epigloo
Buistro
Le Buistro
Fournil
Le fournil


Le respect de la diversité et le développement d'une vision commune dans la communauté

Développement d'une vision commune

S'assurer qu'une vision commune est partagée par tous les membres d'un collectif est indispensable pour le bien-être d'une communauté intentionnelle, telle qu'un écovillage. Pour cela, des processus d'inclusion sont souvent mis en place dans les écovillages pour mieux connaître les postulants à l'entrée dans l'écovillage, et être certain qu'ils partagent la vision des membres déjà sur le lieu.

Mon impression est que deux visions communes différentes existent au Hameau des Buis. En effet :
  • les habitants du hameau semblent rechercher un lieu de vie écologique, permettant le partage entre les générations, et incluant un projet d'école alternative sur le lieu
  • le couple fondateur du lieu a pour vision la mise en œuvre d'un lieu de vie intergénérationnel construit et vivant autour d'une école alternative.

La différence peut paraître minime et pourtant la place de l'école dans le projet est, selon moi, une des origines principales des différends existants entre les membres du hameau : certains ont pour objectif principal la mise en place d'une école alternative, quand d'autres ont pour besoin de mettre en œuvre un lieu de vie. Il n'y a en revanche pas de doute que tous les membres du collectif souhaitent un lieu authentique, harmonieux et bienveillant.

Il me semble que cette différence de visions communes vient probablement du fait qu'au début du projet, il n'existait pas de réel processus d'inclusion : les besoins des personnes souhaitant s'intégrer au projet n'étaient pas précisément explorés et la compatibilité de ces besoins avec l'intention commune de l'écovillage n'était pas étudiée.
Un processus d'inclusion est maintenant en place : les membres souhaitant intégrer le Hameau sont maintenant invités à vivre avec le collectif pendant quelques semaines : cela permet à chacun de se découvrir et de savoir si ce que le nouvel arrivant recherche est compatible avec les intentions du collectif.

A noter également que, afin de renforcer la cohésion du groupe, des matinées solidaires sont également organisées régulièrement : les membres du collectif se réunissent (le jeudi matin souvent) pour réaliser différentes tâches d'entretien du Hameau : aide au maraîchage, travail sur la phytoépuration, découpe de bois de chauffage, entretien des toits végétalisés…



Respect de la diversité

Comme nous l'avons vu dans la partie Économie du projet, l'entrée dans le collectif implique d'apporter un investissement financier important, ce qui permet difficilement au collectif d'accueillir des personnes à faibles revenus. Afin de palier à ce problème, des solutions d'hébergement moins lourdes et moins couteuses sont progressivement mises en œuvre, ce qui permet l'accueil de profils d'habitants plus variés : un projet de hameau léger, constitué de maisons temporaires et plus légères, est actuellement à l'étude.

La mise en place de processus de décision participatifs et d'une gouvernance partagée

Les habitants du Hameau, lorsque le projet a été entièrement passé aux mains de l'association en 2008 (voir la partie Économie pour plus d'informations), sont devenus des prêteurs et locataires, perdant ainsi les parts financières qu'ils avaient dans le projet. Par la même occasion, ils ont perdu, légalement, l'accès direct à la gouvernance du projet, l'association La Ferme des Enfants étant alors actionnaire majoritaire de la société civile. Dans le but de représenter les intérêts des habitants dans le projet, l'association des Habitants du Hameau des Buis est créée en 2009, cette association étant exclusivement réservée aux habitants du lieu. La Ferme des Enfants cède une part sociale sur les 520 qu'elle détient à cette nouvelle association.

En 2014, pour permettre un meilleur accès à la gouvernance aux habitants du Hameau, la gérance de la Société Civile devient "Collège de Gérance" : un groupe d'habitants prend en charge la gérance et se charge des missions liées à la société civile.
En 2017, des discussions sur une meilleure répartition des parts sociales de la société civile entre l'association des Habitants et l'association de la Ferme des Enfants ont lieu : ces discussions échouent et débouchent en 2018 sur un changement complet de l'actionnariat de la société civile, permettant à l'association des habitants de prendre la gouvernance de la société civile, au dépens de l'association de la Ferme des Enfants.

On voit bien ici que, depuis la création de la société civile, la question de la répartition de l'actionnariat et donc de l'accès à la gouvernance a été centrale : certains membres du collectif se sont ainsi sentis dépossédés de leur pouvoir de décision lors du changement de l'actionnariat de la société civile, alors qu'ils avaient et s'étaient largement investis dans le projet.
Plusieurs questions, centrales dans la création d'un écovillage, doivent donc impérativement être posées lors de la création d'un collectif et être réinterrogées, si besoin, tout au long de la vie du collectif :
  • La question de la propriété : Qui est propriétaire de quoi ? Quelles sont les structures juridico-financières permettant de porter au mieux les besoins du collectif et de ses membres ?
  • La question de la gouvernance : Qui peut prendre les décisions, sur quelles thématiques et de quelles manières dans le collectif ? Est-ce que cette répartition de la gouvernance est juste et convient réellement à tous ?
  • La question de l'investissement : Comment quantifier l'investissement dans un projet collectif ? Est-ce uniquement un investissement financier ? Ou également un investissement en termes de temps ? Comment quantifier ce temps passé à la mise en œuvre du projet collectif ?

L'association des habitants du hameau

L'association des habitants du hameau a été mise en place afin de réunir autour d'une entité les intérêts du collectif. Cette association a pour rôle de gérer la vie quotidienne du collectif et d'engager les changements nécessaires à son développement.
Plusieurs commissions ont été créées et prennent les décisions sur leurs domaines de compétence :
  • Vie pratique, qui gère tous les besoins du quotidien
  • Précieux Facteur Humain, en charge de prendre soin des relations humaines entre les membres du collectif
  • Transition, qui définit les besoins sur le long terme de la communauté pour avancer dans sa transition
  • Relations extérieures (avec les partenaires, les administrations,...)
  • Administration, pour la gestion des tâches administratives

Prise de décisions

Le Hameau des Buis a d'abord mis en place une gouvernance participative inspirée de la Sociocratie. Face aux blocages réguliers sur lesquels peut déboucher cette méthode de gouvernance, un nouveau système a été mis en place : chacun a la possibilité de s'exprimer et un vote final est organisé, s'appuyant sur la plus large majorité (en fonction des sujets, 2/3 ou 3/4 des votants).

L'utilisation d'outils de communication respectueux et d'outils de résolution de conflits

Plusieurs membres du collectif ont été formés aux techniques de communication non violente et à la médiation de groupe.
Des outils ont également été mis en place au sein du collectif pour permettre une communication plus honnête et respectueuse de l'autre.

Lors des réunions hebdomadaires qui réunissent tous les habitants du hameau, plusieurs techniques de communication sont appliquées : tous les membres s'assoient en cercle et un tour de ressenti est d'abord fait dans lequel chaque membre, le tour du cercle se faisant dans le sens des aiguilles d'une montre, peut indiquer l'état émotionnel dans lequel il est actuellement.
La réunion s'organise ensuite en fonction des sujets du jour : un des membres, jouant le rôle de modérateur et également garant du respect du temps imparti pour la réunion, répertorie tous les sujets que les membres veulent discuter : ces sujets peuvent être de simples informations concrètes et factuelles ("je serai en vacances les deux prochaines semaines et met ma maison à disposition de vos visiteurs si besoin" ou "j'ai reçu un email m'informant de la réunion annuelle de telle association") ou des sujets amenant une discussion entre les membres ("nous avons eu une réunion avec la mairie, voilà ce qui a été acté et ce que l'on attend de nous : que devons-nous maintenant répondre ?"). Le modérateur va ensuite donner à tour de rôle la parole à chacun des membres souhaitant parler pour traiter de tous les sujets. Les discussions entre les membres sont très transparentes et sont parfois abordées très directement.
A la fin de la réunion, un nouveau tour de ressenti est organisé, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ce coup-ci : chacun peut ainsi exprimer une dernière fois son état émotionnel, et voir son évolution une fois la réunion terminée.


Intéressés pour venir voir le hameau ? Plusieurs options s'offrent à vous !
  • si vous êtes de passage dans le coin pour du tourisme, il vous est possible de passer au hameau tous les mardis et vendredis, entre 16h et 18h, pendant lesquels se tient le marché des producteurs du hameau ! Vous pourrez vous imprégner de l'ambiance du collectif, acheter des produits locaux et boire une citronnade au Buistro, le bistrot du hameau. Tous les vendredis, une visite accompagnée de 16h30 à 17h30 est également organisée : vous pourrez faire le tour du hameau et découvrir ses principales caractéristiques. Les visites sont uniquement organisées pendant les mois d'été, vérifiez les dates de visites sur le site internet (ici ) ou sur la page Facebook (ici ).
  • si vous avez plus de temps devant vous, des journées Portes Ouvertes sont organisées une fois par mois. De 10h30 à 18h, vous découvrirez plus en détails le hameau et ses alentours (le maraîchage et la chèvrerie notamment), pourrez échanger avec les habitants et partagerez le déjeuner avec eux. Pour consulter les dates des portes ouvertes et s'inscrire, consultez le site internet .
  • vous avez également la possibilité de venir au Hameau des Buis en tant que wwoofeur : en échange de 5 heures de travail quotidiennes (5 jours par semaine), vous serez nourris et logés par la communauté et aurez l'occasion de partager la vie des habitants du hameau ! Deux postes sont disponibles : un poste au maraîchage et un poste en tant chevrier (vous irez promener les chèvres tous les matins, dès la traite terminée). Les deux personnes qui assurent l'activité de maraîchage et de fromagers sont super sympas, je recommande vivement cette expérience ! Pour plus d'informations, vous pouvez consulter directement la page de WWOOF France ici .
  • le collectif est assez flexible et pourra très probablement, suivant vos besoins, trouver une option qui conviendra à chacun : vous pouvez les contacter à l'adresse benevolat@hameaudesbuis.org.